Régime alimentaire du chamois au Reculet-Crêt de la Neige : les prémices d'un projet interdisciplinaire

Fischer, Claude (Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (hepia), HES-SO // Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale) ; Gielly, Ludovic (Laboratoire d'Ecologie Alpine, environnement, Université Grenoble-Alpes, Grenoble, France) ; Greulich, Fanny (Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (hepia), HES-SO // Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale) ; Froidevaux, Sandrine (Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (hepia), HES-SO // Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale) ; Prunier, Patrice (Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (hepia), HES-SO // Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale) ; Loison, Anne (Laboratoire d'Ecologie Alpine, Université Grenoble-Alpes, Grenoble, France)

Le cirque de Narderan situé au sud-est de la pointe du Reculet est un « hot-spot » floristique de la montagne jurassienne. La diversité du tapis végétal et la topographie du secteur favorise également depuis les années 1980 la présence régulière d’une population de chamois importante. La présence d’un alpage dans le creux du cirque pourrait refouler les chamois sur des secteurs plus escarpés inaccessibles aux bovins, donc augmenter la pression de consommation sur des associations végétales riches en espèces patrimoniales. Afin de vérifier l’impact éventuel de cet herbivore sur la végétation, une analyse de son comportement alimentaire a été menée à travers 3 approches complémentaires : des observations éthologiques directes, un suivi de l’abroutissement et des analyses génétiques des ADN végétaux contenus dans les fèces. Au cours des observations directes de juillet 2010, les chamois se sont essentiellement nourris sur les communautés à lasers du Campanulo-Laserpitietum et à Seslerio-Laserpitietum, en dehors de l’enclos délimitant pâturage. Chamois et génisses n’ont donc partagé, ni le même espace, ni le même comportement alimentaire. D’après le suivi de l’abroutissement mené en été 2013 sur la première de ces associations végétales, le dactyle aggloméré et le laser à large feuilles représentaient ensemble près de 40 % des plantes abrouties dans les placettes. Les analyses génétiques de 114 crottes de chamois récoltées entre début août et début octobre 2014 révèlent toutefois un régime alimentaire plus varié et un peu différent. Les taxons dont l’ADN est présent de manière fréquente dans les crottes appartiennent aux familles des cistacées, puis des fabacées. L’appétence élevée des poacées et des fabacées est reconnue. En revanche, l’occurrence élevée des cistacées est probablement à mettre en lien avec la consommation de l’hélianthème, espèce lignifiée peu digeste.


Note: Cet ouvrage constitue le premier volume des cahiers de la Réserve naturelle nationale de la Haute Chaîne du Jura. Il est également le recueil des actes du colloque scientifique international qui s’est tenu les 10 et 11 mars 2016 dans les locaux de la Communauté de communes du Pays de Gex.


Conference Type:
full paper
Faculty:
Ingénierie et Architecture
School:
HEPIA - Genève
Institute:
inTNE - Institut Terre-Nature-Environnement
Publisher:
Gex, France, 10-11 mars 2016
Date:
2016-03
Gex, France
10-11 mars 2016
Pagination:
pp. 127-135
Published in:
Du Reculet aux sommets alpins : quels changements sur les crêtes ?
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 Record created 2020-08-12, last modified 2020-10-27

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